Rosmadec

  • Pont-Aven, Bretagne

Kervadec (1931- 1958)

Sur une carte postale datant des années 30 on peut lire :
S’il pouvait revenir sur terre, Rabelais, à quoi bon le taire, voudrait célébrer Kervadec et son moulin de Rosmadec

Jean-Baptiste  Kervadec, est en 1931 l’heureux propriétaire du moulin de Rosmadec après son rachat auprès de Jean Le Corronc. Mais qu’elle est son histoire ?

L’ouverture du restaurant

L’arrivée de Kervadec à Pont-Aven est un peu floue.
En revanche, en épluchant les archives, on y retrouve énormément de coupures de presse sur le moulin de Rosmadec.

Joyeux lurons, buvant bien sec, Ripailleurs, gourmets au fin bec, C’est bien pour vous que Kervadec Tient son moulin de Rosmadec” peut-on lire sur la coupure du 1er juillet 1931 qui annonce l’ouverture du restaurant.

On retrouve aussi dans les journaux entre 1931 et 1937 des pubs pour le moulins (celles de gauche et de droite provenant de la “Dépêche de Brest” et celle du milieu de “l’Ouest-Éclair”).
Ces dernières à chaque fois accompagnées d’un petit slogan :

Le pittoresque restaurant du MOULIN DE ROSMADEC est ouvert dans une ile charmante et sous les ombrages séculaires, J.-B. Keradec à aménagé d’une façon exquise son vieux moulin transformé en un véritable musée. Quant à la cuisine !… Kervadec est un “as” Retenez vos tables.

Le restaurant pittoresque du MOULIN DE ROSMADEC est ouvert J.-B. Kervadec, propriétaire, SA CUISINE, Il ne manquait plus à la gloire De Pont-Aven que Kervadec, Il est entré dans son histoire Grâce au moulin de Rosmadec“.

La cuisine

On se souvient des crêpes de Jean Le Corronc, et on en parle dans les années 1926 dans un livre intitulé “La Femme de France”, un livre de cuisine qui cite le moulin : “Qui a mangé de bonnes crêpes dentelles au moulin de Rosmadec“. Mais on se souvient surtout :

  • Du homard grillé et ses deux beurres (le plat emblématique du moulin !)
  • Du lapin farçi etuvé dechoux crémeux à la moutarde de Meaux
  • De la sole de petit bâteau duxelle de champignons sauce gourmande au champagne
  • Et des huîtres de Belon

Plats qui auront valu à notre restaurateur une fourchette en 1932, une première étoile en 1933 suivie d’une deuxième l’année d’après (perdue lors d’un changement de propriétaire en 1973).
Ce qui fait du moulin de Rosmadec le tout premier restaurant étoilé de Bretagne !

Cité par Léon Daudet : “Après quoi je retournerais dîner de bon appétit avec Galrant et un cher camelot du roi, à Pont Aven au Moulin de Rosmadec” en 1933.

En 1937, dans une des Dépêches de Brest, on peut aussi lire :

Au MOULIN DE ROSMADEC, avis aux gourmets, M. Kervadec, le réputé restaurateur du pittoresque Moulin de Rosmadec nous fait savoir une bonne nouvelle : 
Désormais ses repas à prix fixe seront à 25 francs. Baisse intéressante sur la carte des vins, des apéritifs, etc … Pourboire libre. 
Gourmets, retenez vos tables !”

On remarque alors que le moulin est devenu très rapidement un endroit populaire et très réputé dans la France entière. Où se mêle personnes célèbres et personnes aisées.

La vie privée de Kervadec

Mais Jean-Baptiste de Kervadec n’est pas seulement le moulin de Rosmadec.

Il dut fermer le restaurant suite à un grave accident de la route, le 22 mars 1938.

La Dépêche de Brest ainsi que l’Ouest-Éclair nous informe de la même manière :

Une auto dérape et heurte un poteau de la ligne à haute tension”

Mais, fait rassurant, le 9 octobre 1938 on pu lire :

Nous apprenons avec plaisir que monsieur J-B Kervadec qui fut victime il y a quelques mois d’un grave accident d’auto, vient de rentrer dans son élégant et artistique moulin de Rosmadec. 
Les amis, les clients et tous les gourmets de la région vont être doublement heureux d’apprendre la nouvelle et se donner encore rendez vous chez le sympathique Kervadec, afin de se régaler de sa délicieuse cuisine dont la réputation  n’est plus à faire. 
Villon disait : Il n’est bon bec que Paris, mais on s’en moque. Tous les bon becs à notre époque sont au moulin de Rosmadec !

Une histoire qui fini bien pour notre chef étoilé !

Le travail au Moulin de Rosmadec

On ne sait pas grand chose sur les conditions de travail dans l’établissement. Mais on trouve sur toute la période de Kervadec, uniquement deux offres d’embauches pour le moulin :

 

Les deux se trouvant à quelques années d’intervalles.

Puis 1939 arrivant, la seconde mondiale ravageant tout sur son passage, on perd les traces de notre très cher Kervadec jusqu’en 1958 où l’on retrouve un nouveau propriétaire au restaurant : Monsieur Thiercelin.