Rosmadec

  • Pont-Aven, Bretagne

La leçon de Gauguin à Sérusier au Bois d’Amour

Été 1888, Paul Sérusier est à Pont-Aven. Son objectif : échanger avec Paul Gauguin. Il faut dire que ça bouillonne côté peinture dans la petite bourgade du Finistère. Paul Sérusier quitte donc Paris (et ses amis de l’académie Julian) pour s’installer le temps d’un été à la pension Gloanec.

Gauguin promulgue des conseils au jeune Sérusier lors d’une balade – direction le Bois d’Amour, en bordure de rivière.

“Comment voyez-vous cet arbre ? Il est vert ? Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette. Et ceux-ci sont jaunes…Et bien mettez du jaune. Et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. Ces feuilles sont rouges ? Mettez du vermillon.”

Peindre ce que l’on ressent devant une scène et moins le réel. Le résultat de cette “leçon” est une peinture sur un panneau de peuplier, d’à peine la taille d’un A4.

Le Talisman – Paul Sérusier sur les conseils de Paul Gauguin

A ce moment, ni l’un ni l’autre ne se doutent de l’importance de ce paysage et de ses couleurs posées sur le support.Car de retour à Paris à la fin de l’été, Paul Sérusier s’empresse de raconter à ses compères de l’académie Julian sa rencontre et ses échanges avec Paul Gauguin. Ils décident de baptiser la peinture “le Talisman” et annoncent la création d’un nouveau mouvement les Nabis. Exit la peinture académique ! Les Nabis (qui signifie prophète en hébreu) se questionnent autant sur de grandes théories d’art, que sur l’ésotérisme, l’occultisme et le symbolisme. Pour eux, l’art est une religion. Nous vous en parlerons plus précisément dans un prochain article.

En attendant, on ne peut que vous conseiller de faire la balade du Bois d’Amour, un siècle plus tard – le lieu est magique, hors du temps. Si vous souhaitez admirer le Talisman, il faudra quitter la Bretagne pour la capitale, le musée d’Orsay.